La profession comptable : plus liquide que jamais ?

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La profession comptable :
plus liquide que jamais ?
Le 6 février, la pluie parisienne sonnait comme une invitation à venir réfléchir à un concept encore peu appréhendé par la profession comptable, et qui pourtant la traverse de part en part : l’économie liquide.

L’économie liquide : là où l’usage détermine le service
« Je travaille dans la banque »
« Elle est dans la grande distribution »
« Ils sont dans l’automobile »
Ces phrases se vident peu à peu de leur sens. Mais pourquoi ?
Jérémy Robiolle, directeur du développement de Xerfi, est venu expliquer au CEG qu’avec l’explosion des données et une économie de plus en plus tournée vers les services, l’organisation traditionnelle de l’économie par secteurs d’activités perd progressivement de sa pertinence.
Désormais, les usages sont rois pour driver les choix stratégiques des entreprises :
Amazon vend du Cloud et livre des repas. Tesla commercialise des batteries, de l’intelligence embarquée, de l’assurance. Les exemples se multiplient.
Bref : réfléchissons usages, marchés. Et considérons les secteurs d’activité comme une grille d’analyse du passé.
Qu’en conclure pour la profession comptable ?
Que les concurrents des experts-comptables viennent désormais de l’extérieur. Et pour Jérôme Clarysse, président du CEG, les cabinets doivent d’abord :
- Sécuriser et mieux valoriser leurs missions sur leur 1er marché, celui des BESOINS des clients : comptabilité, fiscalité, social. Un marché où les clients éprouvent rarement une satisfaction qui récompense le travail du cabinet. « Pourquoi pas un abonnement fiscal ? » lance-t-il.
- Avant d’ouvrir le 2ème marché en très forte croissance des ATTENTES, avec des services de pilotage et d’accompagnement.
Bref : « Passer d’un produit fini [la comptabilité] à un produit vivant [le pilotage]», comme l’a illustré Jérémy Robiolle.
L’objectif final est d’aider les cabinets à se transformer en véritables plateformes de services. « Plateformes dont le modèle économique repose sur le fait de nous garder chez elles le plus longtemps possible … », a précisé Jérémy Robiolle.
À méditer pour les cabinets.


Les banques, des concurrentes extérieures ?
Souvent perçues comme concurrentes à l’ère de la facture électronique, les banques ont été invitées à jouer franc-jeu face aux experts-comptables du CEG sur leurs stratégies liées à la réforme.
François Fillat (Epithète – Crédit Mutuel / CIC), Neila Choukri (Kolecto – Crédit Agricole) et Harold Hélie (Banque Populaire – BPCE) ont ainsi détaillé les orientations de leurs groupes respectifs : interopérabilité, utilisation des données, respect des périmètres de chacun …
Une séquence d’une rare sincérité, qui a rappelé combien l’équilibre du triptyque entreprises/experts-comptables/banques est central dans cette économie en recomposition.
Car finalement, l’économie liquide concerne tout le monde.
Sans exception !
Marine Lévesque • Responsable éditoriale du CEG