La gouvernance : clé de transformation des cabinets !

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La gouvernance :
clé de transformation des cabinets !
Journée d’échanges CEG • 2 juillet 2026

« La technologie ne fera pas tout. L’organisation et la gouvernance sont des défis majeurs dans la réussite de la transformation des cabinets ».
C’est en ces termes que Jérôme Clarysse, Président du CEG, a introduit la Journée d’Échanges du CEG qui s’est déroulée à Paris le 2 juillet.
Le constat de départ est le suivant : les cabinets d’expertise comptable ont multiplié par 15 leurs gains de productivité en 30 ans. Malgré cela, le conseil plafonne à 8% des honoraires facturés. Pourquoi ? Sans doute parce que le modèle actuel de conversion des cabinets n’a pas suffisamment évolué.
Durant cette journée, les intervenants ont analysé la manière dont la gouvernance des cabinets doit accompagner, voire précéder, les évolutions des structures, qu’elles soient commerciales, technologiques, organisationnelles. Et ce, qu’ils choisissent de recourir à des fonds … ou pas.
Antoine de Riedmatten, In Extenso : la gouvernance au crible de 3 étapes majeures
Sortie de Deloitte ; définanciarisation progressive vis-à-vis du Crédit Agricole Grand-Est ; entrée de Visma dans son éditeur fulll : Antoine de Riedmatten est revenu sur la manière dont ces trois événements de l’histoire d’In Extenso, dont il est Président du Directoire, ont impliqué sa gouvernance.
Au long de son intervention, on a saisi ceci : la gouvernance est l’art de fixer des caps tout en s’adaptant « au moment [qui] fait beaucoup ».
Le facteur humain a également pesé fortement dans les décisions du board : un alignement entre associés qui a été un facteur clé de succès dans ces 3 pivots. Le leader de l’expertise comptable compte à ce jour 235 associés, 280 agences, et réalise un CA de 650 millions d’euros. « Le prix n’a jamais été le seul sujet », a-t-il précisé.


Vincent Rivaillon, Finaxeed : le financement comme une boîte à outils
Vincent Rivaillon dirige Finaxeed, une société de conseil en financement. Après avoir expliqué les raisons de l’intérêt grandissant des fonds pour la profession comptable (robustesse plus prononcée que dans d’autres secteurs, réglementation protectrice, récurrence, atomicité des clients, faible churn…), il a présenté plusieurs options qui s’offrent aux cabinets :
- Participer à la vague de consolidation, en rejoignant des « majors » (In Extenso, Rydge …), des groupes intermédiaires (Implid, Amarris …), des nouvelles plateformes (Archipel, Numéris, Numans) …
- Ou rester indépendants en recourant à une « boîte à outils du financement », en dette ou en capital.
S’ils optent pour des fonds, Vincent Rivaillon a précisé que ces derniers ne dirigeront pas à la place des associés du cabinet, qui garderont la main sur un grand nombre de décisions. Mais pour les décisions stratégiques, il faudra veiller à mettre en place une gouvernance qui définit les règles. Un subtil exercice de discernement, à ne pas sous-estimer.
Claude Robin, Amarris :
« On s’associe à des hommes avant tout ».
Avec le franc-parler qui le caractérise, Claude Robin a ensuite illustré la stratégie d’Amarris en matière de financement de sa croissance. Accompagné par Finaxeed, Amarris a fait entrer début 2026 le fonds Naxicap Partners à son capital et vient à nouveau de lever 39 millions d’euros pour booster sa croissance externe et son indépendance numérique.
Muscler sa gouvernance et son organisation pour saisir les nouvelles missions
En fin de matinée, le CEG a dévoilé en avant-première les résultats de son Baromètre avec Laplace, sur les missions de demain. L’enthousiasme pour les nouvelles sources de revenus y est confirmé : GRH, gestion de patrimoine, full-service administratif, RSE … Mais là aussi, la question de la gouvernance et de l’organisation se pose pour que les cabinets ne se perdent pas en chemin et que cette diversification porte ses fruits.
La gouvernance qui irrigue les enjeux numériques des cabinets
Stéphane Raynaud, consultant et directeur de La Profession Comptable, a lui aussi souligné l’importance de la gouvernance sur plusieurs « fronts » du cabinet : facture électronique (« le téléphone va se remettre à sonner en septembre »), refonte des modèles économiques, …
Avec un constat : « Qu’on soit sous fonds ou pas, la financiarisation oblige à mettre sa stratégie à plat, à l’appliquer, à la corriger. Les cabinets se comparent et l’exigence monte d’un cran ».
Des enseignements riches à partager sans tarder … entre associés.

Marine Lévesque • Responsable éditoriale du CEG